L’attribution de professionnels en GMF privé ou mixte imposera aux
établissements une relecture des obligations entourant l’imputabilité
professionnelle et la tenue de dossiers. À cet effet, certains enjeux ont
été clarifiés, notamment du point de vue légal et de la responsabilité
professionnelle.
Ainsi, le partage de la responsabilité professionnelle s’effectue entre tous les prestataires de soins et de services du GMF proportionnellement à leurs compétences et champ d’expertise.
Au regard de la tenue de dossier, les actes posés par les professionnels en GMF devront être consignés dans le dossier du GMF. Toute forme de double saisie (dans le dossier GMF et celui de l’établissement) pour un même service est proscrite. Cette organisation du travail vise à regrouper dans un même dossier les informations nécessaires à la prise en charge et au suivi de l’usager qui se présente en GMF.
Par ailleurs, afin de favoriser la qualité et la continuité des soins et des
services offerts, notamment pour la clientèle vulnérable, et de pouvoir
répondre à ses obligations professionnelles, des informations
pertinentes pourraient être transmises à l’établissement, en plus des
renseignements administratifs. Pour ce faire, un consentement valide
de chacun des usagers concernés devra être obtenu. À cet effet, le
ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) revoit
actuellement le formulaire d’inscription en GMF pour y ajouter un volet
portant sur le consentement, propice à répondre adéquatement aux lois
et règlements en vigueur.
La mise en place de modalités administratives permettant la
transmission d’informations entre les deux organisations devra être
conforme à l’ensemble des lois et règlements en vigueur, portant entre
autres sur la tenue de dossiers, la confidentialité des renseignements
personnels et le respect du secret professionnel. De plus, ces
procédures administratives devront être convenues entre les
représentants du GMF et ceux de l’établissement concerné dans le
cadre d’une entente à cet effet.
Toujours avec le consentement de l’usager, les informations
pertinentes au suivi clinique colligées lors de consultations réalisées par
les divers professionnels pourront être partagées entre les membres de
l’équipe interprofessionnelle du GMF impliqués dans le dossier de
l’usager, conformément à leurs champs d’expertise respectifs et aux
besoins cliniques. Ainsi, contrairement à la pratique en établissement,
le GMF n’a pas l’obligation de mettre en place de mesures de sécurité
particulières, proportionnelles au niveau de sensibilité des
renseignements qu’il conserve dans ses dossiers. Toutefois, un GMF
pourrait adopter volontairement de tels règlements internes qui
permettraient d’offrir une confidentialité accrue pour certains
renseignements. Le MSSS encourage les établissements à conduire
leurs partenaires GMF dans cette voie.
Il importe de rappeler que des travaux sont menés visant à améliorer la fluidité de la circulation de l'information entre les établissements et les GMF, notamment afin de faciliter et simplifier les modalités de tenue de dossiers, la supervision clinique ainsi que le suivi de la qualité de l'acte professionnel.